Are we really ready for health reform?

Sommes-nous vraiment prêts pour une réforme de la santé?
Comme la plupart d’entre vous, j’attendais avec anxiété le rapport de Don Drummond sur les politiques de santé commandé par l’Institut C.D. Howe. Le rapport, intitulé Therapy or Surgery? A Prescription for Canada’s Health System, a été publié en novembre et a déjà suscité des conversations très intéressantes dans le milieu de la santé. Monsieur Drummond évalue habilement le système de santé et établit clairement dans son analyse l’inefficacité et le coût trop élevé des modes de prestation actuels. Il souligne le décalage évident entre l’augmentation des coûts de santé et la capacité qu’a le système fiscal de les soutenir. Ce n’est pas une surprise pour la plupart d’entre nous qui faisons partie du système. En effet, il y a déjà un certain temps que les administrateurs de services de santé et les analystes ont déterminé le grave problème que pose la pérennité du système actuel, et monsieur Drummond convient qu’on a sonné l’alarme à cet égard. Dans son évaluation, il arrive bien sûr aux bonnes conclusions pour ce qui est de l’accent disproportionné accordé au traitement des symptômes d’une mauvaise santé, à l’absence de mise en œuvre de traitements rentables, aux prix des assurances, au rationnement et aux limites de la portée du régime public. Cependant, selon moi, l’aspect le plus déterminant du rapport ne provenait pas de l’analyse succincte et éclairée du « problème » dans le cadre du système national de santé. Le point de vue original présenté dans ce rapport repose sur deux grands thèmes. Le premier aborde les attitudes du public envers le système de santé et le deuxième, la manière dont monsieur Drummond propose de corriger le système.
Sur le plan des attitudes du public, il fait clairement valoir, résultats d’enquêtes à l’appui, que malgré les inefficacités et les écueils des services de santé, la population est prête à payer davantage pour les services de santé. Cette discussion est encadrée par la notion que les services de santé sont perçus comme « un luxe » et que les contribuables sont prêts à payer davantage pour les obtenir. C’est un renseignement intéressant compte tenu de la forte proportion de l’ensemble des budgets provinciaux que gruge la santé. Monsieur Drummond soulève également la question des attitudes du public quant à la tolérance aux réorientations dans le statu quo actuel au sein des services de santé. L’opinion publique constitue toujours un facteur ou une variable d’importance dans l’efficacité des modifications au système de santé.
D’ailleurs, de l’avis de monsieur Drummond, la réforme est essentielle. En bref, il met au défi les provinces et les territoires de présenter des régimes de santé à plus long terme, de décrire les défis de la santé sur le plan démographique, de fixer des objectifs, de discuter des questions financières et de déposer un plan pour réaliser les objectifs. Il souligne également la nécessité de réorienter le système des soins aigus aux soins chroniques ainsi qu’à la promotion et à la prévention de la santé.
Pour moi, la partie la plus intéressante du programme se trouve dans les avertissements entourant les stratégies antérieures pour réformer le système. Il cite les années 1990 et le retrait des ressources sans associer cette mesure à une réforme de la santé importante comme une erreur qu’il ne faut pas répéter. Il présente plutôt un engagement réfléchi envers la notion de stimuler le changement par une augmentation de la responsabilité et de l’intégration au système. Un changement significatif qui se produit auprès des clients et des patients et qui entraîne une amélioration de la qualité des services.
Certains percevront cette démarche comme une recette de « gradualisme », qui n’est pas assez dynamique dans le contexte économique actuel. Cependant, j’interprète la démarche recommandée comme un défi aux leaders en santé du Canada de stimuler le changement dans les secteurs indiqués, de repositionner les programmes et de trouver les solutions au sein du système.
Il n’y a aucun doute que le message de Therapy or Surgery? A Prescription for Canada’s Health System se faufilera dans les discussions provinciales et territoriales sur le renouvellement de l’accord sur la santé et représentera une partie importante du rapport que monsieur Drummond présentera au gouvernement de l’Ontario au début de 2012 à titre de président de la Commission de la réforme des services publics en Ontario.
La table est mise pour un nouveau type de réforme de la santé au Canada, laquelle exigera un leadership et une vision considérables. Sommes-nous prêts à relever le défi ? Écrivez-nous pour nous faire part de vos réflexions sur le sujet.
Kevin Mercer, MA, FCCLS
